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 L'air libre...

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Laïna
Petite soeur de la Thianra

Petite soeur de la Thianra


Nombre de messages: 276
Race: Léopard croisé jaguar
Clan: Thianra
Âge du personnage: 19 ans
Date d'inscription: 06/11/2005

MessageSujet: Re: L'air libre...   Jeu 26 Oct - 13:56

[désolée, ça a été plus fort que moi!]

Dans la littrature légendaire, il était cité que les félins possédaient neufs vies. Enfin, c'est ce qui était dit pour les chats mais laïna supposait que cela pouvait s'appliquer à toutes les espèces de félins. La question qu'elle se posait c'était en quoi les félins avaient besoin de plus de temps sur cette planète. Surtout si finalement c'était pour faire la guerre. Mais elle ne s'en faisait aucunement, elle savait que leurs neufs vies seraient utilisées jusqu'à la dernière pour triompher de la liberté. Et qu'importait ce qu'il en disait, Algol le ferait avec tout le courage qu'il possédait et ce n'était pas rien. La jeune féline sourit aux étoiles avec tendresse. Toute sa culture passée semblait ressurgire du fin fond des Ténèbres. "Invictus". Le poème qui avait toujours guidé ses pas. Les créatures étaient les êtres de cette poésie. Sans barrière, ni frontière, pour la simple envie de vivre! Rester debout, la tête haute, quelque soit les coups de la fortune. Tant que la vie existait le seul devoir que possédait un individu était celui de se battre pour conserver le plus longtemps possible ce cadeau. C'était finalement comme un jeu. Un jeu où il était interdit de perdre. C'est comme cela que l'avait toujours compris Laïna.
Elle se souvint de sa mère qui lui disait sans cesse de croire aux lendemains, que le jour finit toujours par succéder à la nuit, que l'obscurité n'est pas éternelle. Et ce jeu, ce fameux jeu de la course contre la mort. Elle se revoyait courir avec elle dans les bois pour échapper aux traques qui s'organisaient régulièrement dans cette forêt contre les créatures sauvages. De nombreuses fois elles avaient gagné le jeu. Et puis un jour, sa mère avait perdu. Elle n'était jamais revenu. Elle avait finit de grandir avec son père. Et depuis ce jour, elle jouait. Et jusqu'ici, elle n'avait jamais perdu. La seule chose qui s'était modifiée était la compréhension des règles. Autrefois, elle croyait qu'il en exitait une qui permettait de garder une certaine loyauté et une justice. Maintenant, elle savait que la seule règle qui existait était celle "d'abattre avant de te faire abattre". L'apprentissage avait été difficile mais désormais ellemaîtrisait ce devoir avec une finesse dangereuse.

"Laisse-moi une semaine, d'accord? Une seule petite semaine pour me refaire une santé et me faire un peu oublier des Arnaiths. Puis on cherchera Noah, tous les deux, et je te jure qu'on le trouvera. Il faudra commencer par le cimetière des créatures, il y traînait souvent avant... avant."

Oui, avant. Mais ce mot n'était plus d'actualité. C'était à après qu'il fallait songer. Et pourtant... Elle savait que le léopard des neiges était heureux au fond de lui de savoir Noah en vie mais la joie de la jeune fille allait bien au-delà. Hum... Elle chercha un moment une définition pour caractériser le tigre. C'était un jeu qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps. Beau, grand, ténébreux, mélancolique. Venaient s'ajouter les mots pénibles, mal luné, jamais content, detestable et passablement nerveux. Pas très patient, morbide et pourtant sans aucune méchanceté. Et non, il était inutile d'essayer dire devant elle que Noah était un être vil et dénué de tout interêt. Elle aimait Algol plus que tout pour être son grand frère officieux, pour Noah c'était un peu différent. Ce n'était pas non plus le genre d'amourette idiote que vouait la plupart des félines adolescente à leur héro. Laïna n'avait jamais été en mesure d'aimer qui que ce soit de la manière dont, par exemple, Algol aimait Opale. Non, c'était plutôt le genre d'amour que porte un fidèle chien envers son protecteur. Le genre de passion innébranlable que rien ne peut briser. Celle que l'on voue à son dieu ou à ses croyances. Et pourtant, elle s'était juré de se venger du tigre. Et oui, l'enfer n'est rien à côté d'une femme trahi.
Elle laissa ses pensée s'envoler doucement pour une fois de plus se laisser aller sur le chemin qui menait à Morphée. Elle avait hâte de retrouver les toits de Paris. Sauter comme avant et courir pour tenter de rattraper le félin qui était bien plus rapide qu'elle. Et moins mal-habile. La voix grognon du tigre lui manquiat également. Elle l'entendait encore raisonner. "Et où étiez vous encore passer! Vous êtes desespérants... et gnagnagni et gnagnagna!" Un petit rire amusé sortit de sa gorge et la réveilla avant même qu'elle ne s'endorme. C'est alors que la voix du félin résonna de nouveau.

"Dis-moi Laïna... tu es vraiment restée seule pendant si longtemps? Tu n'as trouvé aucun survivant de la Thianra, personne que tu connaissais? Ils sont... sont vraiment tous morts?"

Laïna parut assez surprise dela question. Les autres... Tiens, oui, c'était vrai cela, elle n'y avait plus pensé! Elle se concentra et chercha dans le fond de sa mémoire la rubrique "les autres". Elle n'était revenue à Paris que depuis deux mois.

"Heu... Et bien à dire vrai, je n'ai revu personne. En fait j'ai fait la rencontre de plusieurs créatures que je ne connaissais pas. Une jeune violoniste du nom de Millie et un jeune félin adorable connu sous le nom de Nask. Des rencontres vraiment importantes, je ne vois que ces deux là. En revanche, j'ai entendu dire que Sillue est vivante, ainsi que Say et certains autres mais tous sont sous le jouc d'un maître. Zecktavia aussi est vivante d'après ce que j'ai entendu mais je ne l'ai pas vu. Et puis, il y a toi et Noah dont je suis certaine de sa présence en ville. Outre les félins, j'ai eu le hasard de tomber sur quelques Arnaiths dont Opale qui m'a confirmé que tu était en vie, et un jeune homme un peu fou avec un tatouage de dragon. Apparemment, il s'était battut avec Noah très peu de temps avant que je ne le rencontre. Et c'est à peu près tout ce que je sais. Mais Noah ne doit pas être au mieux de sa forme pour avoir ommis de tuer ce petit importint. Quoiqu'il soit vraiment doué et mauvais..."

Ah! Les aventures de laïna à Paris. De quoi écrire tout un roman. Les nouvelles n'étaient pas si mauvaises finalement même si elles n'étaient pas franchement bonne non plus. Mais au moins l'espoir existait de faire rennaître une armée. Cependant la joie de Laïna s'estompa lorsque le félin vint à aborder le sujetle plus sensible du moment. Son père... Une boule terrible vint se caler au fond de son estomac. Elle n'avait pas eut le courage d'en parler au léopard des neiges. Comment réussir à avouer ce crime! Algol ne pourrait seulement jamais le croire. La féline avait mis tant de coeur autrefois dans l'espoir de pouvoir retrouver son père. Et aujourd'hui elle viendrait lui dire qu'elle l'avait tuer de sang froid dans une misérable cage? Ses yeux fixèrent une fois de plus la voute celeste hornée de ses millions de petits diamants. Quelque part, là haut, peut être la regardait-il. Elle resta un long moment sans dire mot avant de laisser quelques perles salées couler le long de ses pomettes.

"Ne t'inquiète pas pour mon père. Il va bien. Il ne souffrira plus jamais là où il est. C'est mieux ainsi. De toute façon, c'est le jeu. Tu gagnes ou tu perds mais tu n'as jamais de deuxième chance... Tu sais finalement, la vie c'est comme dans cet enfer. Tu as un adversaire et tu dois te battre... Tu n'as pas le droit d'avoir des scrupules ni même le droit de réfléchir. Il faut que tu joue..."

Elle laissa un lourd silence dans lequel le doux bruit du vent se transforma en un sifflement terrible.

"c'était un jour comme les autres tu sais... Ni pire ni meilleur. On m'a fait entrer dans cette arène. C'était devenue une chose bien banale. J'entrais, je tuais, les hommes étaient heureux et voilà... J'ai appliqué la même règle. Mon ennemi était fort mais ne savait visiblement pas ce qu'il faisait là. Alors j'ai jouer avec, je lui ai fait monter la pression. J'ai pris mon temps, je n'avais jamais été aussi vicieuse et sadique... Et puis la mise à mort est arrivée... J'ai frappé le coup de grâce... Et cet inconnu, en agonisant à attrapper mon médaillon... C'était en fait mon père.J'avais tuer avec la plus vile indifférence mon propre sang..."

Le corps dela jeune féline était parcouru de tremblements effrayant. C'est alors qu'elle se blotit tout contre le félin pour pleurer toute la rage qu'elle retenait depuis tant de temps. Elle n'eut pas la force de dire un mot de plus. C'était depuis ce jour là que tuer ne la faisait plus frémir. Elle ne possédait plus aucun sentiments, aucune émotion. Seule la réapparition d'Algol avait fait renaître un fond d'ancienne féline naïve et remplie d'espoir. Elle se calma un peu au bout d'un moment et repris le dessus.

"Il faut retrouver Noah et se battre. On ne peu pas laisser les humains nous détruire! On peut tous vivre ensemble, partager mais il faut stopper ces folies Algol! Libérer les enfants, stopper les combats de créature..."

Elle ne termina pas sa phrase, ses pensées allant soudain à autre chose. Elle avait appris la faculté de passer d'un sujet à un autre sans que le premier ne vienne entraver le second. Et une question lui venait soudainement en tête. Bien que hoquettant encore un peu, elle la posa au félin.

"Que diable veux tu aller faire dans le cimetière humain? Dire au revoir à morceau de beton est assez étrange. Remarque, tu risque de rencontrer Opale, c'est là que je l'ai vu l'autre fois."

Elle ignorait totalement ce que Algol pouvait bien trouver aux humains pour ainsi être toujours fourré parmis eux. Oh, ce n'est vraiment Laïna que cela dérangeait étant donné qu'elle était un peu pareil seulement elle comprenait pourquoi Noah trouvait son bras droit quelque peu exaspérant. Lui qui n'avait pour objectif que de détruire le plus d'ennemis possible. Et au fond elle riait de toute son âme. Algol, anciennement sous-chef de l'organisation la plus terrible de créature allait aller dire au revoir à un humain visiblement mort, déclarer sa flamme à un autre encore vivant et mettre son poingt au milieu de la figure de Noah. C'était vraiment le monde à l'envers. Mais pour l'instant, elle préférait ne pas y penser. Elle se contentait de profiter de la respiration régulière du félin contre lequel elle se serrait. Pour une fois qu'elle pouvait éprouver une certaine sécurité.

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Algol
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MessageSujet: Re: L'air libre...   Dim 5 Nov - 20:27

Bien longtemps auparavant, Algol s'était refusé à inviter Casey à venir à la Thianra. Pas parce qu'il pensait le chaton heureux avec son maître (comment un petit garçon naïf et sincère pouvait-il vivre heureux auprès d'un zombie tel que Wind Shift?), ni parce qu'il appréhendait la réaction de Casey lorsqu'il aurait découvert ses semblables. Mais à cause de lui-même, Algol, sous-chef des créatures libres. Schizophrène. Meurtrier. Il ne pouvait tout simplement pas supporter l'idée de protéger un être pour le tuer de ses mains dans un accès de folie. C'était inenvisageable, insoutenable de cruauté pour son esprit déjà envahi par la culpabilité. Il n'avait consenti à répondre à l'affection de Laïna que parce qu'il la pensait capable de lui échapper s'il... eh bien, s'il perdait tout contrôle alors qu'elle se trouvait à proximité. Il voulait son bonheur, de tout coeur, au dépend du sien s'il le fallait - n'était-elle pas sa petite soeur? Alors à chaque fois qu'il l'avait pu, il s'était renseigné sur le père de Laïna, il avait tenté d'orienter ses recherches sur les pistes les plus prometteuses. il espérait sincèrement que la féline avait profité de sa nouvelle autonomie pour pousser son enquête plus en avant.

"Ne t'inquiète pas pour mon père. Il va bien."

"Oh Laïna, si tu savais comme je suis..."

"Il ne souffrira plus jamais là où il est. C'est mieux ainsi. De toute façon, c'est le jeu. Tu gagnes ou tu perds mais tu n'as jamais de deuxième chance... Tu sais finalement, la vie c'est comme dans cet enfer. Tu as un adversaire et tu dois te battre... Tu n'as pas le droit d'avoir des scrupules ni même le droit de réfléchir. Il faut que tu joue..."

Silence. Ne pas comprendre. Surtout ne pas comprendre.

"L... Laïna?"

Et puis vinrent les mots. Tristes, prévisibles. Atroces. Tétanisé, Algol s'était assis pour mieux dévisager la jeune femelle, incrédule comme si son cerveau se refusait à envisager une monstruosité pareille. Et au fur et à mesure que la féline lui racontait son acte (*un crime, ça s'appelle un crime*), le léopard des neiges sentait quelque chose se disloquer à l'intérieur de sa poitrine. C'était impossible. Pas ça, pas sa Laïna. Ils n'avaient tout de même pas pu... Elle se réfugia dans ses bras avec ce qui pouvait être de la brusquerie, et Algol l'enlaça sans un mot, le regard éteint. Ainsi, c'était arrivé. Malgré toutes ses précautions, malgré ses mises en gardes et ses attentions, malgré sa prudence sans bornes, cette jeune féline si chère à son coeur était devenue semblable à l'être qu'il haïssait le plus au monde. Lui-même.

"Oh Laïna, je suis désolé... Je suis... je suis tellement désolé, tu ne peux pas savoir à quel point. J'aurais dû être là, j'aurais dû..."

Il renonça à dire ce qui ne pouvait l'être et enfouit son visage dans le cou de Laïna, en esquissant un doux mouvement de balancier d'avant en arrière. Il pensait avoir deviné pourquoi elle lui en voulait de ne pas avoir fait le bon choix lors de la bataille contre les Arnaiths, mais il comprenait seulement à cet instant à quel point cette rancoeur était justifiée. Il aurait dû être capable de la protéger de ces humains... ces immondes humains... Comment avaient-ils pu lui faire ça? Lui, qu'il puisse devenir un monstre à cause de leur soif de perfection, il ne pouvait déjà pas le leur pardonner. Mais qu'ils aient pu faire une telle créature de sa Laïna, qu'ils aient pu fairent naître Sekmet par simple amusement, dans le sang le plus cher à la féline...

Ses poings se resserrent au bout des bras qui enlaçaient la jeune femelle. En cet instant, il avait toutes les peines du monde à se rappeler ses convictions fondamentalement modérées. Pendant un interminable moment, il sentit une bouffée de haîne sans précédent l'envahir, il sentit tout son corps se raidir de cruauté et de violence à l'idée de ce qu'il ferait subir à ces abominations lorsqu'il les tiendrait. Comment avaient-ils pu oser?... Comment ces raclures d'humains avaient-ils pu détruire sa propre vie avant même qu'il ne naisse, pour ensuite s'acharner à démolir une créature que leur infâme science n'avait pas eu l'occasion de gâter?


"Il faut retrouver Noah et se battre. On ne peu pas laisser les humains nous détruire! On peut tous vivre ensemble, partager mais il faut stopper ces folies Algol! Libérer les enfants, stopper les combats de créature..."

Il opina, sa voix se résumant à un souffle étranglé dans la gorge frémissante de la créature en pleurs:

"Oui. Tu as raison, je t'aiderai, c'est promis. Pardonne-moi de ne pas avoir réalisé plus tôt à quel point ces neuf mois m'ont laissé aveugle, pardonne-moi de m'être conduit de manière aussi lâche. Je comprends, maintenant. Je t'aiderai. Ca ne se reproduira plus jamais."

Il laissa un silence reposant s'installer, tandis que Laïna séchait doucement ses larmes. Le léopard des neiges se calmait lui aussi, même s'il se sentait toujours meurtri au plus profond de lui-même. Tant d'années passées à freiner Noah, à protéger les humains du génocide, et tout ça pour quoi? Il laissa la féline s'écarter un peu de lui, et il l'observa à nouveau, absolument incapable de comprendre comment ces êtres innomables avaient pu abuser d'elle, comment ils avaient pu la battre et réduire son innocence et ses espoirs à néant. Fallait-il être immonde pour avoir une conduite à ce point... inhumaine...

"Je dois te dire quelque chose. A propos de..."

"Que diable veux tu aller faire dans le cimetière humain? Dire au revoir à morceau de beton est assez étrange. Remarque, tu risque de rencontrer Opale, c'est là que je l'ai vu l'autre fois."

L'ancien sous-chef interrompit son murmure, et un gentil sourire vint embellir ses traits tristes. Il passa une main sur la joue de la jeune femelle, et répondit d'une voix étonnament calme:

"Justement. Ce que tu as fait, Laïna... ce qu'on t'a forcé à faire... je suis hélas aussi bien placé pour le comprendre que je le suis pour tes accès de rage aveugle. Je ne t'ai jamais caché que je pouvais devenir dangereux. Mortellement dangereux, et ce bien malgré moi. Je n'ai jamais pu me résoudre à jouer comme tu as dû le faire dans l'arène. Alors moi aussi, quelque chose s'en est chargé à ma place. Je ne voulais pas t'en parler. Tu n'avais pas besoin de savoir. Et puis... je crois que je ne voulais pas voir changer le regard que tu posais sur moi."

Il se tut un instant, comme pour mieux prendre son élan.

"J'avais quinze ans quand j'ai défiguré le fils de mes propriétaires. Il voulait "jouer", je crois. Mais ça a mal tourné quand il a découvert le fouet que son père gardait à mon intention pour les cas d'urgence. Personne ne s'en était jamais servi jusqu'à ce jour. Lorsque j'ai repris conscience de mes actes, il était trop tard. J'avais cassé ma laisse et sauté à la gorge de ce pauvre imbécile. J'étais terrifié: je ne comprenais pas comment j'avais pu faire ça. Je n'ai pas réussi à me justifier auprès des parents de ce gosse. Je te laisse imaginer que le fouet a de nouveau servi, après ça. Toute la soirée."

Il jeta un coup d'oeil aux cicatrices qui lardaient son dos nu jusque sous ses bras, avant de reprendre:

"Ils m'ont revendu à une boutique miteuse en banlieue parisienne. je pensais que je serai acheté par une de ces brutes sans cervelle qui dressent leurs créatures à tuer, et j'étais trop jeune pour avoir l'idée de me rebeller. J'attendais, simplement, la peur au ventre. Mais c'est Ophélie qui m'a adopté. Et je lui dois tout ce que je suis aujourd'hui."

Normalement, à ce point de l'histoire, il baissait les yeux. Ni Noah, ni Catelyn, ni même Opale n'avaient pu entendre cet épisode en le regardant en face. Mais cette fois-ci, c'était différent. Il pensait que Laïna devait comprendre, et pas seulement écouter. Alors il se força à garder la tête droite, ses prunelles de miel obscurcies par ces souvenirs maudits.

"Je suis tombé amoureux d'elle. Oui, une humaine, je sais... rassure-toi, Noah m'a suffisamment cassé les pieds avec ça - quand je pense qu'il ne sait pas encore pour Opale... Bref, j'aimais Ophélie, et c'était réciproque. Mais ça n'a pas duré. Un soir où elle organisait une soirée, l'une de ses connaissances imbibées d'alcool est allée trop loin. Ce type a voulu... il a essayé de la violenter. J'ai entendu ses cris, j'ai accouru... et plus rien n'a jamais été comme avant."

L'une de ses mains alla brièvement enserrer celle de Laïna.

"Je les ai tous tués. Sans exception. Même elle. Je l'ai éventrée de mes propres mains, j'ai oser goûter à son sang. Et ce qu'il y de pire dans tout cela, c'est qu'elle était encore en vie quand je suis revenu à moi. Et que... que tout ce qu'elle a trouvé à me dire, c'était qu'elle m'aimait. Elle me souriait. Je l'avais tuée, et elle me souriait."

Encore une fois le silence s'installa entre eux, lourd de sous-entendus, de choses inavouées, d'espoir mal exprimé. Puis Algol émit un petit rire, qui tenait presque du sanglot.

"J'ai mis du temps à comprendre, tu sais. Des années durant, je m'en suis voulu à mort. J'ai même essayé de me noyer, et c'est Noah qui m'a sauvé. J'ai gâché une vie que je pensais détruite, anéantie par ce crime que rien ne pourrait effacer. Et puis, Opale... Opale a accepté de rester avec moi, même après que je lui ai avoué cette horreur. Je crois que ça m'a ouvert les yeux. Même si toi et moi, nous nous en voudrons jusqu'à la fin de nos jours, même si toute notre vie nous devrons assumer ce fardeau, eux... Ophélie, ton père... Eux ne nous en veulent pas. J'ose croîre qu'ils ont juste envie de nous voir heureux."

Il sourit à Laïna, à sa petite soeur meurtrie qui n'aurait jamais dû avoir à entendre pareilles paroles.

"Je veux aller dire à Ophélie que j'ai compris comment elle a pu me sourire, ce soir-là. Je voudrais lui dire au revoir, et merci. Et si tu le veux, je t'aiderai jusqu'à ce que tu parviennes à faire de même pour ton père."

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Laïna
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MessageSujet: Re: L'air libre...   Jeu 9 Nov - 14:15

La lune avait pris un aspect timide, se cachant soudainement derrière les quelques nuages qui s’amoncelaient rapidement au dessus de la ville. La forêt devint plus sombre, les cris et autres sons s’estompaient pour laisser place à un silence glacial. Même le crépitement du feu semblait diminuer pour laisser la conversation de deux félins prendre le dessus sur la nuit. Pas même le vent n’osait venir interrompre ces paroles tragiques et douloureuses. Chacun d’eux osaient s’avouer l’inavouable. Laïna écoutait son aîné avec attention, le regard plongé dans le sien, aussi horrifié que rempli de culpabilité. Ce que lui disait Algol la perdait totalement. Alors lui aussi avait commis un crime impardonnable ? Les mots s’encrèrent dans le cerveau de la féline et contrairement à ce que le félin aurait pu craindre, ils vinrent apaiser le cœur de la femelle et lui donner assez de force pour ne pas pleurer d’avantage. Pourtant les idées se mélangeaient entre elles dans sa petite tête.

Avant ce soir là, à la sortie des égouts, elle n’avait jamais entendu parler d’Algol. Etant la première créature qui l’ait recueilli, elle avait fait de lui son grand frère, sorte de code qui lui permettait d’avoir un attache et de se sentir protéger. Bien gentiment, le félin avait marché dans la demande sans vraiment savoir à quoi il se livrait. Le pauvre. Et pourtant, plus le temps passait, plus les deux êtres se connaissaient et plus leur destin se trouvait semblable. Laïna finissait par se demander si leur rencontre était vraiment un hasard. Ils devaient avoir des ascendants communs ou alors avoir tiré le même mauvais numéro le jour de la distribution. Ce qui la surprit le plus, c’est l’aveu qu’il lui fit en lui parlant de son attente pour entrer dans les souterrains. Une autre pensée vint l’obscurcir. Et si finalement ce passage atroce de sa vie avait été inévitable depuis le début. En fuyant de chez elle, elle avait finit par entrer dans les Enfers. Mais si elle était restée là bas, elle y aurait finit de la même manière. Après tout, c’est là que reposait son père désormais. Aurait-elle du prendre le choix de mourir à sa place ? C’est à cet instant que tout sembla se transformer en elle. Toutes ces idées imaginées, ces actes jugés… Elle sentit la main Algol venir enserrer la sienne et des larmes montèrent aux yeux de la féline dont le regard avait prit la définition de la compréhension. Il n’y a rien de plus terrible que de devoir regarder la réalité en face, sans juger, en se contentant d’accepter les choses qui ne peuvent dès lors plus être changées. Elle voyait très bien les larmes du léopard des neiges dans le reflet que jetait le feu. Il avait compris, mais quoi ?


"Je veux aller dire à Ophélie que j'ai compris comment elle a pu me sourire, ce soir-là. Je voudrais lui dire au revoir, et merci. Et si tu le veux, je t'aiderai jusqu'à ce que tu parviennes à faire de même pour ton père."

Elle ne répondit tout d’abord pas, se contentant de fixer le félin avec cet air adulte qu’elle prenait lorsqu’elle s’apprêtait à accepter les choses. Cet air qui avait tant de fois terrorisé les siens car alors nul ne savait de quoi elle était capable. Cet air qui ne laissait entrevoir aucune faille, aucune émotion, ni haine ni joie d’avoir enfin pu entrevoir la réalité. Seulement une question lui vint aux lèvres.

« Oui, tu veux bien m’aider, une fois de plus. Depuis que je te connais, tu as toujours été là pour moi, toujours. Dans mon pays d’enfance, lorsqu’un membre d’une famille commettait un crime au sein de son sang, il était banni et condamner à lutter seul pour sa survie. Mon père me pardonnerait sûrement mais que dirait ma mère ? Et qui de la part humaine ou féline a consentit d’obéir à l’ordre de la mise à mort ? Je devrais mourir pour cette infamie, et pourtant… »

Elle ravala discrètement un sanglot, cherchant à montrer au félin qu’elle était devenue forte et capable d’affronter la dureté de la vie. En un sens, c’était le cas, mais la vraie Laïna était incapable d’accepter d’entrer dans un monde où le crime et la haine deviennent des choses acceptable. Elle se redressa sur ses genoux et enserra la tête d’Algol entre ses deux mains et le fixa avec une tendresse dont elle n’avait pas fait preuve depuis bien longtemps.

« Je te remercie d’accepter être mon guide dans ce chemin difficile qu’est la vie mais cette fois je ne peu accepter ton aide. C’est un combat que je dois mener seule, tout comme tu mènes celui avec ton autre « toi ». Il me faut dominer cette bête immonde créée par les hommes et je suis seule à pouvoir le faire. Cependant, nous pouvons nous serrez les coudes tous les deux pour gagner cette guerre contre nous même. Même si nous le faisons chacun de notre côté, il va sans dire que nous resterons ensemble et que l’on ne s’abandonnera jamais. Promets-moi de ne pas oublier cela. Tu veux m’apporter ton aide, n’oublie pas que la mienne t’es donnée de la même façon… Et… S’il te plaît… Ne t’en veux pas de ce qui c’est passé. Nous avons tous un choix à faire à un moment et qui ne nous concerne pas uniquement nous. La décision que l’on prend engage la vie d’autres personnes. Nous n’avons pas été préparé à tout ça, c’est ce qui fera notre force la prochaine fois… Tu aurais pu choisir de mourir pour nous tous, j’aurais pu choisir de mourir pour mon père. Mais nous avons encore un destin à tracer alors regardons de l’avant. »

Oh ! Elle ne se pardonnerait jamais totalement son crime, ni tous les autres dont elle était l’auteur mais elle savait que tant que l’on ne perdait pas, il fallait jouer. C’était une vision terriblement cruelle et fataliste de la vie, c’était surtout une vision particulièrement réaliste. Une idée lui traversa alors l’esprit. Elle se leva, alla chercher un petit coffre en argent sculpté et fermé d’un verrou. Elle revint près du félin et s’agenouilla une fois de plus devant lui.

« Tu sais, la dame qui m’a autrefois recueilli m’avait appris une prière à réciter à chaque fois que je me trouverais devant un obstacle. Elle disait : « Devant mon âme remplie de souffrance, donne moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas modifier, le courage de modifier les choses que je peux changer, et la sagesse de discerner la différence. » »

Elle eut un sourire doux et serein.

« Changeons l’avenir que ces imbéciles d’humains veulent nous imposer. Nous sommes deux créatures fugitives, faisons leurs payer leur orgueil. Sans parler que j’ai une personne à voir avant de sombrer dans la dépression et à qui je dois de vives excuses. En espérant que cette personne me pardonne car elle est bien vivante, elle! »

Son sourire s’agrandit joyeusement. Elle n’oubliait pas la tragédie qui venait de se discuter seulement, même si ces pensées la hantaient et la hanteraient toujours jusque dans son sommeil, elle avait appris à maîtriser ses émotions et à passer du pleur au rire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Et puis comment rester triste à la pensée de ce félin qu’elle avait rencontré quelques temps auparavant et avec qui elle s’était montrée odieuse. Il n’en reviendrait pas de la voir lorsqu’elle l’aurait déniché de son trou ! Et puis Algol, son Algol était de retour. Elle n’en revenait tellement pas au fond d’elle même qu’elle ne pouvait s’empêcher de garder son regard fixe sur lui, à le dévisager des pieds à la tête, sans aucune gêne. Et puis zut après tout ! Elle était sa petite cadette, pourquoi se sentir gêner de quoi que ce soit !

Elle se concentra alors de nouveau sur ce petit coffre qu’elle tenait précieusement dans ses bras. Les curieux pouvaient se demander ce qu’il pouvait bien renfermer d’important mais elle ne l’avait jamais dévoilé à personne. Elle composa le code et le cadenas cliqua en signe d’ouverture. La boîte aux trésors laissa alors la découverte de son contenu aux yeux des deux félins. Il contenait le médaillon de son père, une bague en saphir et en or blanc de sa mère, un magnifique stylo précieux anciennement à Algol avant qu’elle ne le lui dérobe pour avoir un souvenir de lui, et ce qui pouvait le plus surprendre car le culot que cela avait du lui demandé pouvait en laisser plus d’un sans voix, le poignard avec lequel le tigre jouait souvent lorsqu’il restait des heures assises dans son bureau. Et oui, elle le lui avait pris sans rien dire et personne n’avait jamais su ce qu’il en était advenu. Laïna croisa le regard désabusé d’Algol et ne pu retenir un sourire qui illumina son visage entier, respirant l’innocence d’une coupable. Qui aurait pu imaginer qu’une petite féline aussi douce et innocente pouvait accomplir ce genre de méfait enfantin ! Et gare à celui qui tenterait de lui ôter son trésor !


« Ne me regarde pas comme cela ! Je voulais simplement mettre quelque chose qui t’avait appartenu et idem pour Noah, dans ce coffre. Il y a une affaire précieuse de chacun des êtres qui tiennent une place particulière dans mon cœur. Cette boîte, c’est un peu cette chose qui bat dans ma poitrine. Je ne vous en ai jamais parlé car je craignais que vous ne me renvoyiez en me disant que ce n’était que des enfantillages… Et puis au final, j’ai bien fais parce que comme cela, vous saurez que vous ne les avez pas laissé lors de la chute. Je sais combien vous teniez à ces objets. »

Une larme perla le long de sa joue. Oh ! Il était impossible de leur dire combien elle les aimait. La question qui pouvait cependant être posée. Comment pouvait-elle être en possession de ces objets alors qu’elle avait été capturée sans ? La réponse était en réalité très simple. La féline avait toujours été d’un caractère possessif et joueur. Elle ne gardait en conséquent, aucun objet précieux auprès d’elle, de peur qu’on ne les lui prenne. Elle les avait autrefois cachés dans un coin de ce que les humains appelaient « la cathédrale ». Elle avait remarqué que personne n’osait commettre de sacrilège dans ce lieu et elle avait appris plus tard qu’une cathédrale était la grande sœur de l’église, dont elle connaissait par cœur les pieux principes. Sa cachette ? Derrière le presbytère. Et après un an, personne n’y avait touché. Elle l’avait alors récupéré et y avait rajouté le médaillon de son père.

Elle attrapa le beau stylo avant de le reposer soigneusement en dardant Algol de son air faussement provocateur et jaloux, sa longue queue de léopard s’agitant derrière elle avec un certain amusement. Celle-là aussi il était surprenant qu’elle l’ait conservée entière, vu la longueur et ce qu’elle avait du subir. Les secrets de Laïna. Elle attrapa alors le poignard, objet qu’elle convoitait depuis le début. Elle le désinfecta avec ce qu’elle avait sorti pour son aîné peu de temps avant et porta la lame à la paume de sa main droite afin d’y faire une entaille assez profonde pour faire jaillir le liquide vermeil qui battait partout en son corps. Puis, elle tendit l’objet au félin.


« Ce poignard appartenait au chef de la Thianra, comme tu le sais. Il contient donc l’idéal et le serment du groupe. Je suis en outre officieusement ta petite sœur, pénible, casse noix, chipie et bien d’autres choses encore. Je voudrais donc devenir par l’intermédiaire de cet objet, officiellement ce que je suis officieusement. Histoire de marquer un nouveau départ et de mettre sur pieds de nouveaux espoirs… Et puis tu as intérêt à dire oui si tu veux que je te rende ton précieux stylo, d’abord ! Frère de sang ?... »

Elle regarda Algol dans les yeux, sentant en elle une tendresse terrible envers ce matou aussi désabusé qu’elle. Elle avait connu cette technique en lisant de vieux livres sur les anciennes tribus. Et puis ce n’est pas à Noah qu’elle pouvait envisager faire une telle demande ! Elle se demandait du reste, si elle aurait la gentillesse de lui rendre son objet. Il lui faudrait étudier la question.

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Algol
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MessageSujet: Re: L'air libre...   Dim 3 Déc - 18:22

"Ne m'aide pas". Algol en resta muet, figé de stupeur face à cette jeune féline qui soudain lui paraissait plus âgée que lui. Il sentait la caresse des délicates mains de Laïna sur ses joues, il percevait le murmure infime du vent chaud qui venait jouer avec sa tignasse emmêlée, encore hésitant à l'idée de troubler les deux créatures. Il entendait le lointain chant des grillons, et au-delà la rumeur qui montait de la capitale enfin libérée de sa gangue de chaleur. Mais tout cela était lointain, sans véritable beauté ou laideur, sans grand intérêt. Le monde du léopard des neiges ne se limitait plus qu'aux pupilles étincelantes de Laïna, à l'abyssale maturité qui y avait fait son apparition. A la doucereuse caresse de ses doigts, qui passaient sur son visage comme ceux d'une mère sur celui de son enfant trop buté pour comprendre que non, le monde n'est pas une vaste place de jeu. "Ne m'aide pas".

Peut-être aurait-il eu moins mal si Laïna s'était montrée horrifiée par l'histoire d'Ophélie, peut-être aurait-il mieux supporté une crise de larmes ou de désespoir. Cela lui aurait permi de consoler sa cadette, de l'attirer dans ses bras malingres pour lui donner l'illusion que derrière leur rempart rien ne pourrait arriver à la jeune panthère. Il se serait réfugié dans son rôle de grand frère, et il y aurait trouvé la force de continuer à espérer.

Mais la féline avait grandi, et elle n'avait pas nié l'évidence: elle avait compris. Pire, elle s'y résignait, lasse de se battre contre la réalité des choses, lasse de démentir ce qui ne pouvait l'être. Oui, Algol et elle n'étaient guère que des meurtriers. Et c'était tout. Rien à ajouter. Un sang maudit avait coulé sur leurs doigts, et tous deux avaient salué cette mort infâme d'un rictus pervers, du sourire fou de bêtes assoiffées de destruction et de malheur. Ils étaient des monstres. Le fait que ce ne soit pas directement leur faute n'était que secondaire, rien ne servait de se voiler la face. Tout ce qu'ils pouvaient faire, à présent, c'était s'efforcer d'arrêter le massacre, d'empêcher l'apparition d'autres insanités dans leur genre. Jamais ils ne pourraient arrêter à eux seuls le flot de violence et de haîne que cette guerre véhiculait. Laïna l'avait accepté. Algol en avait envie de vomir.

"Regardons de l'avant..." Blème, le regard éteint, lé léopard hocha mécaniquement la tête et laissa Laïna s'éloigner, sans même la suivre du regard. Il restait amorphe, anéanti par les propos de la jolie féline. Des monstres. Condamnés. Ce qui est fait est fait, inutile de vouloir qu'il en soit autrement. C'était aussi sage que réaliste, et pourtant la digne créature ne pouvait accepter une telle pensée. "Ne m'aide pas".

Algol vit alors que Laïna revenait à lui, les bras chargés d'un petit coffret extirpé de l'une de ses innombrables cachettes. Il dévisagea de ses yeux ternes la féline qui s'asseyait face à lui, il affronta ses prunelles sombres, son sourire doux, il grava soigneusement en lui le moinde frémissement musculaire qui parcouru son corps élastique lorsqu'elle se laissa tomber en tailleur. Elle était belle. Il l'aimait. Et soudain la vie réintégra ses iris de miel, vive, farouche, aussi sauvage et indomptable que celle du léopard qu'il était à moitié: non, il n'accepterait jamais ce que Laïna venait de lui exposer. Les paroles de la féline n'était que sagesse, et bien longtemps il s'y était conformé. C'était elle qui parlait de nouveau départ, n'est-ce pas? Eh bien Algol venait de prendre le sien. Trop longtemps il s'était complaint dans ce doux fatalisme, trop longtemps il avait reçu les coups meurtiers de la Vie sans oser redresser l'échine. Et c'était ce qui l'avait conduit à être raisonnable pendant l'attaque de la Thianra, à trop réfléchir et à finir en cage pendant près d'un an. Tout cela, c'était fini. Il était temps pour lui de comprendre ce qui l'avait poussé pendant si longtemps à sauver les humains, à unir le sous-chef au chaton avide de caresses en un seul et unique Algol, qui enfin serait authentique.


« Changeons l’avenir que ces imbéciles d’humains veulent nous imposer. Nous sommes deux créatures fugitives, faisons leurs payer leur orgueil. Sans parler que j’ai une personne à voir avant de sombrer dans la dépression et à qui je dois de vives excuses. En espérant que cette personne me pardonne car elle est bien vivante, elle! »

"Non."

Un unique mot, aucunement agressif, simplement indiscutable. Très lentement, un sourire vint s'inscrire sur les lèvres d'Algol, un sourire qu'il n'avait pas eu depuis neuf mois, un sourire qui annonçait qu'enfin il savait ce qu'il faisait. Très simplement, il développa:

"Tu ne me convaincras pas aussi facilement, petite fille. Tu as grandi trop vite, ce que je ne regretterai jamais suffisamment, et tu es devenue une magnifique adulte. Mais c'est moi le grand frère, Laïna, et je ne te laisserai pas me bassiner aussi facilement."

Il croisa les bras sur son torse nu, son visage cerné se teintant de taquinerie. Et de fierté.

"Nous n'avons pas d'avenir à changer, nous en avons un à tracer. Reformer la Thianra n'est pas une croisade que nous ferons aux dépends de nos vie, c'est un choix, tu comprends? Je refuse de continuer à vivre ainsi, je refuse de faire comme avant et d'endosser un costume de sous-chef qui ne convient pas à mes convictions profondes et à mes envies personnelles. Je refuse de porter toute ma vie la croix que m'impose mon passé. Non, ce que nous avons fait n'est pas digne de pardon. Mais je n'en demande pas tant, Laïna: ce que je veux, c'est enfin poser cette croix sur la tombe d'Ophélie, et l'y laisser. Je veux me rappeler qu'elle est là, mais je ne veux plus en souffrir. En un mot comme en cent, je ne commettrai plus d'autres crimes parce que je n'ai soi-disant pas le choix."

Très digne, il se leva pour aller rajouter un peu de bois dans le feu, avant d'achever:

"Tu ne m'entraîneras pas davantage sur la pente du fatalisme, Laïna. Nous ne sommes pas obligés de tuer. Nous ne sommes pas obligés d'être violents ou d'éprouver de la haîne. Nous ne sommes pas obligés de nous battre. Je vais le faire, petite soeur, je vais combattre à tes côtés et je vais ramener Noah. Mais parce que je l'ai choisi, pas parce que je le dois. Et comme avant, j'empêcherai ce bourrin de tigre de tout détruire sur son passage. Parce que les humains ne sont pas tous des barbares, et que nous devons vivre avec eux, pas à leur place. Je chercherai toujours à punir ceux qui doivent l'être et à laisser les autres en paix. C'est cela que j'appelle vivre, et je tâcherai de ne plus l'oublier."

Algol sourit, et il vint reprendre sa place dans le cercle d'herbe défini par les buissons. Laïna avait ses certitudes et sa philosophie, tant mieux pour elle. Mais son grand frère comptait bien ne pas les laisser entacher ses propres convictions: lui n'oublierait jamais qu'un jour il vivrait en paix dans une maison qui lui appartiendrait, avec sa soeur et Opale. C'était cela qu'il voulait, et dorénavant il se faisait le serment d'être vivant avant d'être un guerrier.

"Oh, et en passant: que tu le veuilles ou non, je t'aiderai à combattre cette part de toi née dans cet Enfer. Tu ne te débarasseras pas de moi aussi... mais c'est mon stylo!"

Incrédule, la créature fixait les trésors que Laïna venait de lui dévoiler. Son stylo...Et plus hallucinant encore, la dague de Noah. Nom de Dieu, Algol avait failli se faire arracher la tête lorsque le tigre s'était rendu compte qu'il avait perdu son ornementation favorite et que pas même son sous-chef n'était capable de la retrouver. Et pendant que le léopard essayait tant bien que mal de convaincre sa brute d'ami de rentrer les griffes avant de blesser quelqu'un, Laïna enfermait soigneusement son trésor dans son petit coffre. Le léopard des neiges lui jeta un regard lourd de sens, un de ces coups d'oeil désapprobateurs dont les aînés ont le secret. Et puis quand même, son stylo... Six ans qu'il détenait cet élégant objet embelli à la feuille d'or, six ans que la Thianra naissante le lui avait offert en reconnaissance de son travail de sous-chef, six ans qu'il l'utilisait pour tous ses exercices d'écriture - incroyable comme il pouvait être difficile d'apprendre à écrire joliement avec des griffes dans les métacarpes... Il avait manqué en devenir fou lorsqu'il avait cru l'avoir égaré. Et pendant tout ce temps...

"Et puis au final, j’ai bien fais parce que comme cela, vous saurez que vous ne les avez pas laissé lors de la chute. Je sais combien vous teniez à ces objets."

La féline laissa echapper une larme émue, mais le léopard avait décidé de marquer son agacement, et au prix de mille tourments il parvint à ne pas laisser son attendrissement transparaître sur son visage.

"Ah, les filles, je vous jure... Bon, tu me le rends maintenant?"

Evidemment, à peine avait-il tenté d'attraper le précieux stylo que Laïna l'avait déjà saisi et éloigné. Algol afficha une moue boudeuse et ramena sa main à lui d'un air buté, tandis que la jeune panthère reposait fièrement le trésor dans sa boîte à malice. Son aîné était tellement concentré sur son rôle du félin boudeur qu'il ne comprit qu'à retardement ce que sa soeur adoptive comptait faire en désinfectant la dague de Noah.

"Eh, mais attends!"

Trop tard: le sang avait déjà jailli dans un sifflement du métal, coulant en un épais et constant filet de la paume droite de Laïna. Cette dernière avait d'ailleurs peu de soucis à se faire concernant son lien officieux avec le léopard: Algol la voyait comme sa petite soeur, de manière franche et atavique. Instinctivement, il avait trouvé en lui l'affection inconditionnelle et jalouse qu'un frère aîné se doit de porter à sa cadette, il avait découvert à quel point il pouvait se montrer fier et protecteur vis à vis de quelqu'un. Rien que de voir l'entaille qui béait dans la délicate main de Laïna l'horrifiait: elle s'était fait mal, bon sang! Et pour quelle stupidité, encore?!

« Ce poignard appartenait au chef de la Thianra, comme tu le sais. Il contient donc l’idéal et le serment du groupe. Je suis en outre officieusement ta petite sœur, pénible, casse noix, chipie et bien d’autres choses encore. Je voudrais donc devenir par l’intermédiaire de cet objet, officiellement ce que je suis officieusement. Histoire de marquer un nouveau départ et de mettre sur pieds de nouveaux espoirs… Et puis tu as intérêt à dire oui si tu veux que je te rende ton précieux stylo, d’abord ! Frère de sang ?... »

Aurait-il les oreilles pointues de la jeune panthère, Algol les aurait baissées d'un air boudeur. Il avait passé l'âge de ce genre de gamineries! Enfin quoi, Laïna était sa soeur, point barre, pas besoin de se charcuter mutuellement pour s'en convaincre! Et pourtant, une part de lui ne put s'empêcher de saisir la dague, une part de lui ne put ignorer le sérieux d'une telle démarche. Certes, c'était un serment primitif, presqu'enfantin. Mais qu'y a-t-il de plus fondamentalement précieux et important qu'une promesse entre deux enfants? Jamais les adultes et leur pompeux honneur ne parviendraient à égaler le sérieux d'esprits encore jeunes qui se promettent de rester amis pour la vie. Jamais ils ne comprendraient que deux petits doigts qui se croisent dans une cours de récréation valent mille fois plus que la plus somptueuse des signatures en bas d'un contrat.

Alors Algol retint le poignard dans sa main droite et entailla la gauche d'un geste sec. Main directrice pour main directrice. Le liquide vermeil jailli de l'entaille, et alla se mêler à celui de Laïna sur l'herbe. La fine main du léopard alla se refermer sur celle de la panthère, ni l'un ni l'autre ne laissant échapper le moindre frémissement de douleur. D'accord, si ça pouvait faire plaisir à le jeune féline... Et puis soyons honnête: c'était important pour lui aussi.


"Frère et soeur de sang. Promets-le moi."

Son visage sérieux s'éclaira d'un immense sourire, qui resplendissait de l'amour qu'il éprouvait pour Laïna, et sans attendre davantage il attira à nouveau la féline contre lui, leurs mains toujours unies entre leurs poitrines. Algol déposa un sage baiser sur la tempe de la jeune femelle et attira avec douceur la tête de la panthère au creux de son épaule couturée de cicatrices. Elle avait survécu. Il l'avait retrouvée. Et après tout, qu'y avait-il de plus important? Peut-être juste le fait que...

"Et... je pourrais savoir qui est cette personne que tu tiens tellement à revoir?..."

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MessageSujet: Re: L'air libre...   Sam 16 Déc - 19:42

Le feu avait repris de sa vigueur grâce au geste sage d’Algol qui avait consisté à le ré alimenter pour lui redonner toute sa puissance de chauffe. Ah ! Algol. Cet être aux côtés à la fois sombres et lumineux. Combien elle pouvait tenir à lui ? Il était impensable de trouver un jour la possibilité de pouvoir l’exprimer dans toute sa splendeur tant cela requiescat d’énergie et de force. Mais au final y en avait-il besoin ? Le simple fait d’être à ce moment précis, bercée par la nuit, blottit contre le félin suffisait à exprimer tout son bonheur. Oui, il avait raison, elle le savait. Ils se battraient par choix et pas par obligation. Elle le savait au plus profond de son être mais la douleur encore fraîche de ces derniers mois ne disparaîtrait pas aussi facilement et elle en avait aussi conscience. Seulement même si son double terrifiant restait en elle, elle n’avait aucune crainte véritable. Sa main dans celle d’Algol, ils étaient unis pour la vie même si cela ne relevait aucunement d’un mariage.

Sa tête blottie contre l’épaule du félin, une larme perla le long de sa fine joue. Oh ! Pas une larme de détresse, non. Une perle de joie et d’espoir qui la faisait revivre. Ainsi le félin ne se résignerait jamais à l’abandonner à elle même, y comprit pour qu’elle tente de se vaincre toute seule. Ces paroles l’avaient touchée au plus profond de son âme de féline. Elle ne connaîtrait plus la solitude même s’ils étaient de nouveau séparés.


« Je te le promets ! »

Elle releva doucement son petit museau pour pouvoir contempler le beau visage du mâle. La pâle lumière que dégageait le feu lui offrait l’apparence d’un ange aux yeux de Laïna. Il était l’incarnation même de sa raison de vivre aujourd’hui pour elle. Sans Algol, pas question de continuer à errer sans destination précise sur cette pauvre terre en ruine totale. Mais il était là pour l’instant, donc il fallait se bouger. Il voulait savoir de qui elle voulait parler ? Ah ! Ah !

Ses pensées retournèrent l’espace d’un instant à cette nuit où elle s’était battue en compagnie d’un jeune félin. Oui, c’est à lui qu’elle pensait. Ils avaient passés la nuit à se soigner mutuellement autant les blessures physiques que morales. Le premier être qu’elle avait rencontré et avec qui elle avait accepté de parler. Seulement elle n’avait pu rester gentille bien longtemps, ses antécédents agressifs refaisant sans cesse surface contre son gré. Elle l’aimait bien pourtant ce Nask. Beau, gentil et doux. Mais tellement souffrant de son passé. Elle avait finit par le quitter pas vraiment dans des conditions optimales. Maintenant, il lui faudrait le retrouver. Déjà pour s’excuser de son comportement odieux et puis parce que si Noah ressurgissait, il lui faudrait de vrais alliés et là, elle en avait trouvé un !


« Eh bien ! Disons que tu le sauras un jour mais pour le moment je ne peux rien te dire. La seule chose que je suis en mesure de t’avouer c’est que c’est une très bonne recrue pour le tigrounet, même si finalement je ne sais pas encore si je vais le lui présenter. »

Elle fit un sourire malin au léopard des neiges. Elle n’avait pas changé pour un sou. Elle gardait le secret de son monde comme personne et il fallait être sacrément malin et patient pour avoir l’autorisation d’en connaître quelques rudiments. Algol le savait et il en avait encore fait l’objet en ce qui concernait son beau stylo.

Laïna lâcha doucement la main du félin. Elle sentait en elle une force nouvelle. Non que le mélange du sang lui avait redonné de réelles forces mais le simple fait de se sentir éternellement liée lui offrait l’évidence que rien ne pourrait plus désormais l’arrêter et tenter de la dominer. Rien ni personne ne pourrait plus la faire retourner dans un monde de déprime et d’insolence. Non, elle resterait le petit léopard qu’elle avait été en hommage à cet amour qu’elle partageait avec le plus incroyables des mâles. Son frère.

Elle se tourna vers le coffre, un sourire tendre sur les lèvres. Il lui fallait désormais redonner le stylo à son propriétaire. Elle attrapa le petit objet dans son habit d’argent et le regarda avec un fond de mélancolie. Inutile de le cacher, la Thianra lui manquait, Noah lui manquait. Elle voulait qu’il revienne. Il fallait le retrouver. Lui même devait bien s’ennuyer sans eux. Et pourtant cela faisait longtemps qu’il aurait pu venir les chercher. Pourquoi n’avait-il pas secouru son meilleur ami ? Se pouvait-il qu’il soit en vie mais dans un très mauvais état ? Il fallait faire vite ! Non que cela soit urgent que le tigre refasse surface mais pour Laïna. Algol était enfin auprès d’elle à lui faire comprendre qu’ils ne seraient plus jamais séparés mais il lui manquait le chef félin. Oui, inutile de rappeler combien la petite féline tenait à Noah. Et puis il lui fallait lui rendre le poignard. Tout comme elle s’apprêtait à rendre le stylo à Algol. Il avait beau lui avoir fait sa moue de bébé qui en veut à la terre entière, Laïna savait qu’il ne lui en voulait pas au point de la détester. Elle lui tendit l’objet sacré en dardant son regard d’ambre avant de le poser sur le sol en souriant.


« Tient. Il te revient de droit je crois. Tout comme je rendrais cette œuvre coupante à son propriétaire lorsqu’il daignera nous faire un petit bonjour. Comme cela, chacun retrouvera son bien et surtout vous retrouvez ainsi votre grandeur ! »

Après tout, elle avait raison ! Noah n’était plus Noah sans son truc à égorger. Algol n’était plus Algol sans son objet à gribouillis. Les humains croyaient les avoir réduit en miette mais étant donné que les objets sacrés étaient de nouveau en leur possession, les hommes avaient du souci à se faire. Bon, ne pensez pas que la féline se faisait des film que seule une enfant est capable de s’inventer. Laïna sans son côté gamin ne serait plus Laïna. Les pauvres, il y avait du soucis à se faire même si elle avait grandit et qu’elle était devenue jeune femme. Que de bêtises en vue. Mouarf ! Et pourtant…

Elle se releva doucement, retourna vers l’une de ses cachettes au trésor et sortit une petite valise. A l’intérieur il y trônait de nombreux vêtements autant féminins que masculins. Non ! Elle n’avait pas prévu la venue de son grand frère ! Seulement, lorsque l’on connaissait Laïna cela n’étonnait aucunement. Elle avait une telle tendance à tout collectionner. Elle avait récupéré ces vêtements à droite à gauche. Ce n’étaient pas des reliques qu’elle avait prises sur ses victimes. Non, ils étaient neufs pour la plupart, emprunté à certaines boutiques qu’elle avait visité la nuit. La chose flagrante que l’on pouvait remarquer de suite c’était qu’ils étaient tous de type assez classe. Elle attrapa une jolie jupe plissée noire à sa taille, un petit chemisier rouge et une veste ébène et alla vers le ruisseau afin de se préparer.


« Je te laisse deux petites minutes. Je vais m’habiller dignement afin de partir en chasse de mon matou et de potentiels membres de la Thianra. Bien qu’ils ne sauront rien pour le moment, je vais commencer à prospecter pour monter une liste au chef ! Si tu as faim, ne te gênes pas, il y a de quoi manger et tu en as grand besoin. Si tu veux des vêtements propres, prend les dans la valise, il doit y en avoir à ta taille. »

Elle s’éclipsa discrètement vers le ruisseau où elle se débarbouilla au savon, chose qu’elle n’avait pas fait depuis quelques jours. Non qu’elle fût sale, loin de là, elle faisait partie des maniaques de la propreté. Mais elle ne rentrait pas tous les soirs à sa couche. Elle ressortit de l’eau brillante comme un sou neuf et surtout sentant un parfum léger et agréable, ce qui changeait un peu. Elle essora ses longs cheveux, se sécha et enfila son ensemble. Elle se coiffa avec une queue de cheval bien tirée et deux mèches retombant avec grâce le long de son joli visage. Rien à ajouter, elle se trouvait métamorphosée avec l’espèce de vieille peau qu’elle avait été quelques heures auparavant. Elle revint auprès du félin sans trop faire attention à ce qu’il faisait. Elle lui sourit simplement d’un air charmeur. Elle enfila des souliers noirs, sa veste, apporta des couvertures et des oreillers au félin, bien que la température fût particulièrement douce. Puis son regard se porta vers le crépuscule qui montrait déjà son nez. Il était l’heure.

Elle allait devoir laisser Algol seul pendant un petit moment. De toute façon, il avait besoin de se reposer, il fallait qu’elle le laisse tranquille. Et puis elle avait conscience qu’il avait besoin d’indépendance. Il était son grand frère mais elle n’allait pas le coller comme un petit enfant collerait sa mère. Et il y avait ce félin aussi, qu’il lui fallait retrouver. De bien belles journées en perspective ! Elle s’en retourna vers Algol et le pris dans ses petits bras en passant l’une de ses mains dans la chevelure.


« Je dois te laisser mon frère adoré. Je reviendrais ce soir. Repose toi, ici tu ne risques absolument rien. Personne ne s’aventure dans cette partie là de la forêt et plusieurs pièges à intrus sont placés stratégiquement. Reprend des forces, mange, et surtout ne t’éloigne pas trop. Ou alors prévient moi, maintenant que tu as de nouveau ton joli stylo. Que je ne m’inquiète pas. Et quand tu seras remis sur pied, il faudra se mettre en quête du saint Graal ! Mais avant tout, repose toi. Tu as une tête à faire fuir les morts. Pardonne mon expression. »

Elle lui fit un large sourire avant de lui déposer un tendre baiser sur le front. Puis elle se releva une fois de plus et se dirigea vers la sortie du fourré. Son regard se porta une fois de plus vers son frère tandis qu’elle se tenait droite comme un paon. Elle sentait un tel bonheur à l’avoir retrouvé mais aussi une telle crainte qu’elle ne le retrouve pas en rentrant. Elle secoua son joli minois pour faire taire ses pensées. Il lui avait promis, il tiendrait sa parole. Elle avait confiance en lui. Ses yeux se détournèrent enfin et elle bondit au milieu des broussailles pour disparaître de la vue du félin. Paris attention. Un nouveau jour venait de naître.

[Voilou ! Désolée du retard j’ai manqué cruellement d’inspiration pour faire la fin. J’aime pas finir, j’y arrive jamais. Je te laisse le soin de clôturer ce chapitre. Bon courage. Pour la suite, j’attendrais les ordres lol.]

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